Paris 2024 : les défis la brigade fluviale à quelques jours de la cérémonie d’ouverture

Paris 2024 : les défis la brigade fluviale à quelques jours de la cérémonie d’ouverture

Perché sur le toit-terrasse d’un bateau-mouche, Pascal Laulhé scrute les courants gris de la Seine. Sous ses yeux, trois zodiacs remplis d’une demi-douzaine d’agents de la Compagnie d’intervention (CI) attendent patiemment son feu vert. Comme chaque semaine, et plus particulièrement en prévision des Jeux olympiques de Paris, ces unités de police urbaine spécialisées dans le maintien de l’ordre public s’entraînent avec la Brigade fluviale de la capitale à embarquer et désembarquer des bateaux en mouvement, ou à intervenir rapidement sur les quais de Seine. “Fluv’ 1, 2 et 3, top départ pour l’exercice”, lâche enfin l’instructeur dans son talkie-walkie, déclenchant immédiatement le début de la simulation. Sur le fleuve, les bateaux filent à une vitesse impressionnante. En quelques secondes, ils rattrapent le bateau-mouche, “cible” fictive de la matinée.

Simultanément, les trois embarcations se collent aux parois du bateau-mouche. Les agents, armés et casqués, sautent sur le pont et se déploient à la hâte, prêts à intervenir. À bord, un instructeur chargé de superviser la gestion des armes observe chaque mouvement, du port des armes longues à l’orientation des canons, afin d’éviter tout accident. Tout aussi rapidement, les agents remontent sur leurs pneumatiques et s’éloignent de l’imposante embarcation – ils recommenceront cet exercice trois fois en moins d’une heure.

Vue de l’extérieur, l’intervention semblerait presque anodine. Mais Sophie Malherbe-Mayeux, commandante divisionnaire et cheffe de service de la Brigade fluviale, rappelle la technicité de tels gestes. “Pour les compagnies d’intervention, la difficulté est d’apprendre à travailler dans un lieu qu’elles ne maîtrisent pas, avec un bateau en mouvement, des risques de chute, dans un environnement extrêmement dangereux qui nécessite une hyper-vigilance”, explique-t-elle.

Alors que la cérémonie des Jeux olympiques de Paris 2024 et de nombreuses épreuves de la compétition sont prévues sur la Seine, la commandante rappelle la nécessité du travail de mobilité des agents, qui doivent se préparer “à tous les imprévus”. “Ce n’est pas propre aux JO : nous n’avons pas attendu leur organisation pour nous entraîner”, insiste-t-elle. La centaine de policiers de la brigade fluviale, parfois appuyés par des agents spécialisés, agissent ainsi régulièrement sur l’eau pour garantir la sécurité du fleuve et son bon fonctionnement.

“La rapidité, ça peut être décisif”

La semaine dernière, des policiers ont par exemple stoppé un cambriolage qui avait lieu sur une embarcation, ou débloqué un marinier qui s’était retrouvé coincé en mauvaise posture sur la Seine. “On peut aussi intervenir sur des malaises, des bagarres, des nuisances sonores, la sécurisation d’événements”, développe la cheffe de service. Interrogée sur la valeur ajoutée de la compagnie d’intervention pour la sécurisation d’un événement tel que les Jeux olympiques, la commandante n’hésite pas une seconde. “La rapidité, ça peut être décisif”, lâche-t-elle.

Et pour cause. Lors d’un second exercice de débarquement à quai, les brigades de la compagnie d’intervention sautent des pneumatiques et se déploient sous nos yeux sur les quais de Seine, prêtes pour l’assaut, en moins de trente secondes. “Il faut être en capacité d’apporter une réponse très rapide sur l’eau et sur le terrain. Le début des JO ne marquera d’ailleurs pas la fin des entraînements, il n’est pas prévu qu’on lève le pied”, assure Sophie Malherbe-Mayeux. En plus des agents déployés sur la Seine, la commandante rappelle d’ailleurs qu’une trentaine de sauveteurs et une trentaine de plongeurs s’entraînent quasi-quotidiennement dans le fleuve, notamment en cas de chute dans l’eau – ce qui peut s’avérer plus que périlleux en cas de visibilité quasi-nulle. “Nos plongeurs épaulent également la police technique et scientifique, et s’occupent de missions de sécurisation subaquatique”, complète la commandante. À la tête du service depuis quatre ans, elle se dit “prête” à célébrer les JO, et assure que sa brigade sera “pleinement mobilisée”.